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Guide directive (UE) 2023/970 · pour DRH, directions, juristes

Conformité réglementaire · Transparence des rémunérations

Directive (UE) 2023/970 : le guide complet pour les entreprises françaises.

La France a publié son premier projet de loi de transposition le 6 mars 2026, mais ne tiendra probablement pas la deadline européenne du 7 juin 2026. Adoption envisagée fin 2026, suivie des décrets d'application. Ce guide expose ce qui est connu à ce jour : projet français, obligations par palier d'effectif, articulation avec l'Index Egapro, et chantiers à engager dès maintenant sans attendre le texte final.

Dernière mise à jour : 23 mai 2026 · Rédigé par l'équipe EntangleEQ · Méthodologie

Transposition française en retard — projet de loi en cours d'examen

La directive devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026. La France a publié son premier projet de loi le 6 mars 2026, suivi d'une consultation des partenaires sociaux le 19 mars. L'examen parlementaire est attendu à l'été, pour une adoption envisagée fin 2026. Les décrets d'application suivront. Tant que la loi et les décrets ne sont pas publiés, aucune obligation ne s'applique directement aux entreprises. Cette page sera actualisée à chaque étape significative.

Les échéances clés 2023 — 2031

La directive n'est pas un événement ponctuel mais un calendrier pluriannuel. Les premières obligations entrent en application en 2027 pour les entreprises de 150 salariés et plus. Les entreprises plus petites sont progressivement intégrées au dispositif jusqu'en 2031.

10 mai 2023

Adoption de la directive (UE)

Le Parlement européen et le Conseil adoptent la directive (UE) 2023/970 relative à l'application du principe de l'égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur, par la transparence des rémunérations.

6 juin 2023

Entrée en vigueur (UE)

La directive entre en vigueur dans l'ordre juridique de l'Union européenne. Les États membres disposent d'un délai de trois ans pour la transposer en droit national.

6 mars 2026

Premier projet de loi français

Le ministère du Travail transmet aux partenaires sociaux et aux parlementaires un premier projet de loi de transposition de la directive 2023/970. Une concertation s'ouvre, suivie d'une consultation formelle des partenaires sociaux le 19 mars 2026.

7 juin 2026

Date limite européenne de transposition

Échéance fixée par la directive pour la transposition en droit national. La France n'aura selon toute vraisemblance pas adopté son texte à cette date — l'examen parlementaire ne s'ouvre qu'à l'été. Un retard de transposition expose l'État à une procédure d'infraction de la Commission européenne, mais ne fait pas entrer la directive directement en application dans les entreprises.

Été — automne 2026

Examen parlementaire du projet de loi

Le projet de loi entre en débat au Parlement (Assemblée nationale, Sénat). Le gouvernement vise une adoption d'ici la fin 2026. Le texte final pourrait diverger sensiblement du projet initial selon les amendements parlementaires et les retours des partenaires sociaux.

Fin 2026 — courant 2027

Décrets d'application

Une fois la loi adoptée, des décrets viennent préciser les modalités opérationnelles : définition des catégories de travailleurs effectuant un travail de valeur égale, format et calendrier du reporting, délais de réponse au droit d'information, quantum des sanctions. Aucune obligation n'entre en vigueur tant que les décrets ne sont pas publiés.

2027

Premier reporting et application progressive

Sous réserve de la publication de la loi et des décrets, les premières obligations entrent en application : transparence à l'embauche, droit d'information des salariés, et premier reporting de l'écart de rémunération pour les entreprises atteignant les seuils prévus par le texte français.

Les obligations selon votre effectif

La directive structure les obligations en trois paliers d'effectif. Les obligations s'empilent : une entreprise de 250 salariés est soumise à toutes les obligations des paliers inférieurs, plus celles spécifiques au sien. Le critère d'effectif est apprécié selon les règles nationales précisées par le décret de transposition.

50 — 149 salariés

Choix français plus exigeant que le seuil UE

  • Transparence dans le recrutement : selon le projet de loi français, la fourchette de rémunération doit figurer directement dans l'avis de vacance (et non plus seulement être communiquée sur demande avant l'entretien).
  • Interdiction de demander aux candidat·e·s l'historique de leur rémunération antérieure.
  • Droit d'information des salarié·e·s sur le niveau de rémunération moyen, ventilé par sexe, pour les catégories de travailleurs effectuant le même travail ou un travail de valeur égale.
  • Reporting de l'écart de rémunération : intégration progressive selon les modalités fixées par la loi et les décrets — le projet français abaisse le seuil européen de 100 à 50 salariés.

150 — 249 salariés

Reporting triennal

  • Toutes les obligations du palier précédent.
  • Publication d'un rapport sur l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes, à un rythme triennal selon la directive — fréquence et calendrier précis à fixer par le texte français.
  • Le rapport ventile l'écart par catégorie de travailleurs effectuant le même travail ou un travail de valeur égale.
  • Évaluation conjointe avec les représentants des salariés en cas d'écart non justifié supérieur à 5 % dans une catégorie.

250 salariés et plus

Reporting annuel

  • Toutes les obligations des paliers précédents.
  • Publication annuelle du rapport d'écart de rémunération.
  • Procédure d'évaluation conjointe renforcée lorsque l'écart non justifié dépasse 5 % dans une catégorie.
  • Documentation auditable des structures de rémunération et des critères de progression — pour répondre à un éventuel contrôle, à une demande individuelle ou à un contentieux.

Note de méthode : les paliers d'effectif ci-dessus reflètent l'architecture de la directive. Les modalités exactes de calcul de l'effectif (équivalent temps plein, inclusion ou non des CDD, des stagiaires, etc.) seront précisées par le décret français de transposition.

Index Egapro et directive 2023/970 : ce qui change, ce qui s'ajoute

La directive ne remplace pas l'Index Egapro français. Les deux dispositifs coexistent et se cumulent. Pour les DRH, le bon réflexe n'est pas « directive ou Egapro » mais bien « Egapro et directive » — avec des angles d'analyse différents et des livrables distincts. Le tableau ci-dessous synthétise les principales différences pilier par pilier.

Axe de comparaisonIndex Egapro (France, 2018)Directive (UE) 2023/970
Texte de référenceLoi Avenir professionnel (2018) · décret du 8 janvier 2019Directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 · transposition française attendue d'ici le 7 juin 2026
Seuil de déclenchement50 salariés et plusDirective UE : 100 salariés et plus pour le reporting · Projet de loi français (mars 2026) : 50 salariés et plus · Toutes tailles pour le recrutement et le droit d'information
IndicateursIndex sur 100 points construit à partir de 4 ou 5 indicateurs (écart de rémunération, écart d'augmentation, promotions, congé maternité, hautes rémunérations)Écart de rémunération global et écart par catégorie de travailleurs effectuant un travail de valeur égale
PériodicitéPublication annuelle (1er mars)Annuelle pour 250+, triennale pour 100-249
GranularitéNote agrégée par entrepriseDétail par catégorie de travailleurs · obligation d'explication si écart non justifié > 5 %
Transparence à l'embaucheNon couvertDirective UE : fourchette de rémunération dans les annonces ou avant l'entretien · Projet de loi français : fourchette directement dans l'avis de vacance, plus exigeant · Interdiction de demander l'historique de salaire au candidat
Droit d'information des salariésNon couvertChaque salarié peut demander une information écrite sur son niveau de rémunération et le niveau moyen ventilé par sexe pour sa catégorie
Charge de la preuve en contentieuxRégime de droit communCharge inversée : c'est à l'employeur de démontrer l'absence de discrimination salariale (article 18)
Sanction maximalePénalité financière jusqu'à 1 % de la masse salariale brute annuelle en cas de non-publication ou de note inférieure à 75/100 sans plan de correctionSanctions financières effectives, proportionnées et dissuasives à fixer par chaque État membre · dommages-intérêts intégraux pour le ou la salariée lésée

À retenir : l'Index Egapro produit une note synthétique par entreprise. La directive 2023/970 impose en revanche une lecture par catégorie de travailleurs effectuant un travail de valeur égale. Cette granularité supplémentaire est le principal chantier méthodologique à anticiper.

Les 5 piliers de la directive en détail

La directive articule ses obligations autour de cinq piliers, chacun adossé à un ou plusieurs articles du texte européen. Comprendre la logique article par article permet de cartographier les chantiers à engager côté RH, recrutement, juridique et système d'information.

Pilier 1 · Article 5

Transparence salariale à l'embauche

L'employeur doit communiquer, dans l'avis de vacance ou avant l'entretien, la rémunération initiale ou la fourchette de rémunération applicable au poste. Il ne peut plus demander au candidat ou à la candidate son historique de rémunération. L'objectif : empêcher la perpétuation des écarts salariaux par effet de cliquet à l'embauche.

Impacts opérationnels à anticiper

  • Mise à jour des trames d'annonces et des grilles de rémunération préalables.
  • Adaptation des processus de recrutement et des outils ATS pour exposer les fourchettes.
  • Formation des recruteurs et managers à l'interdiction de l'historique de salaire.

Pilier 2 · Article 7

Droit d'information des salarié·e·s

Chaque salarié·e peut demander par écrit le niveau de rémunération moyen, ventilé par sexe, pour les catégories de travailleurs effectuant le même travail ou un travail de valeur égale. L'employeur doit répondre dans un délai raisonnable (à préciser par le décret de transposition français). L'information rappelle également les voies de recours en cas de désaccord.

Impacts opérationnels à anticiper

  • Mise en place d'un canal de demande tracé (RH, intranet, courrier).
  • Préparation d'un référentiel anonymisé par catégorie pour répondre rapidement.
  • Documentation de la méthode de constitution des catégories (critères objectifs et neutres).

Pilier 3 · Article 9

Reporting des écarts salariaux

Les entreprises soumises au reporting publient l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes : global, médian, par composante variable (primes, bonus), et — innovation majeure — ventilé par catégorie de travailleurs effectuant un travail de valeur égale. Le rapport est transmis à l'autorité de contrôle nationale et aux représentants du personnel.

Impacts opérationnels à anticiper

  • Capacité à calculer l'écart non seulement global mais par catégorie.
  • Définition rigoureuse des catégories de travail de valeur égale, sur critères neutres.
  • Mise en place d'un processus de production récurrent et reproductible année après année.

Pilier 4 · Article 4

Structures de rémunération transparentes et critères objectifs

L'employeur doit disposer de structures de rémunération qui garantissent l'absence de discrimination directe ou indirecte. Ces structures s'appuient sur des critères objectifs et neutres : compétences, efforts, responsabilités, conditions de travail. La méthode d'évaluation du travail de valeur égale doit pouvoir être expliquée et auditée.

Impacts opérationnels à anticiper

  • Documentation de la méthode d'évaluation des postes (job grading, classification, points-facteurs).
  • Identification et neutralisation des biais de genre dans les critères d'évaluation.
  • Politique d'augmentation et de promotion alignée sur ces mêmes critères.

Pilier 5 · Article 18

Charge de la preuve inversée en contentieux

Dans une procédure relative à l'égalité de rémunération, dès lors que le ou la salarié·e établit des faits laissant supposer une discrimination, c'est à l'employeur qu'il revient de prouver qu'il n'y a pas eu de discrimination. Cette inversion modifie en profondeur l'économie du contentieux salarial : la documentation interne devient un actif probatoire central, pas seulement un outil de pilotage.

Impacts opérationnels à anticiper

  • Conservation des décisions de rémunération et des justifications (critères, comparables).
  • Traçabilité des écarts détectés et des plans de correction.
  • Coordination avec les services juridiques sur la chaîne de preuve documentaire.

Ce que le module paygap d'EntangleEQ couvre — et ce qui reste en interne

Pour rester transparents sur ce que notre plateforme adresse et ce qu'elle n'adresse pas, voici la couverture actuelle du module paygap au regard des cinq piliers de la directive.

Couvert par paygap

  • Pilier 3 — Reporting : calcul de l'écart de rémunération global et par catégorie, écart médian, ventilation par composantes.
  • Pilier 4 — Structures objectives : analyse des écarts par catégorie, détection des seuils > 5 %, documentation des critères.
  • Pilier 5 — Documentation probatoire : audit trail SHA-256 horodaté (formule Performance), conservation des décisions et justifications.
  • Articulation avec l'Index Egapro : le module produit en parallèle la note Egapro existante.

À traiter en interne ou avec un conseil

  • Pilier 1 — Fourchettes à l'embauche : mise à jour des trames d'annonces et grilles de rémunération préalables, hors périmètre actuel d'EntangleEQ.
  • Pilier 2 — Droit d'information : mise en place d'un canal de demande tracé, à organiser au sein de la fonction RH.
  • Définition initiale des catégories de travail de valeur égale : travail méthodologique en amont, à conduire avec les directions métier et le juridique.

Honnêteté produit : EntangleEQ est un outil d'aide à la décision. Il ne se substitue pas à un audit juridique. Les éléments produits par la plateforme constituent une base documentaire utile, mais l'appréciation finale de la conformité relève du juge et, en amont, du conseil juridique de l'entreprise.

Exposition aux sanctions et risques associés

La directive impose aux États membres de prévoir des sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives ». Le décret français de transposition précisera les montants exacts. Trois familles de risques cohabitent : financier, contentieux individuel, et réputationnel.

Sanctions financières

À fixer par le décret de transposition. La référence existante côté Egapro est une pénalité pouvant aller jusqu'à 1 % de la masse salariale brute annuelle. Les modalités précises pour la directive seront publiées en 2026.

Contentieux individuel

Article 18 : la charge de la preuve est inversée. Si un·e salarié·e établit des faits laissant supposer une discrimination salariale, c'est à l'employeur de prouver qu'il n'y en a pas eu. Dommages- intérêts intégraux pour le ou la salarié·e lésé·e.

Risque réputationnel

Les rapports d'écart sont transmis aux autorités et aux représentants du personnel. La publicité progressive des écarts par catégorie crée un risque réputationnel structurel — marque employeur, attractivité des talents, exposition médiatique.

Trois chantiers à engager dès maintenant

Plusieurs chantiers méthodologiques peuvent — et devraient — être engagés dès maintenant, indépendamment du contenu exact du texte français définitif. Ce sont des chantiers longs, qui demandent plusieurs mois de mise au point ; les engager maintenant permet d'absorber sereinement les obligations à venir, dans le calendrier d'application probable de 2027.

1 · Cartographier les catégories de travail de valeur égale

Identifier les ensembles de postes qui, par les compétences, efforts, responsabilités et conditions de travail, peuvent être considérés comme équivalents. Ce travail dépasse la classification conventionnelle habituelle et demande l'implication des directions métier.

2 · Calculer l'écart par catégorie et analyser les causes

Sur la base de la cartographie précédente, calculer l'écart de rémunération par catégorie, identifier les écarts non justifiés supérieurs à 5 %, et engager une analyse des causes (effets de composition, ancienneté, parcours, biais de progression). Le module paygap d'EntangleEQ peut automatiser cette étape.

3 · Préparer la documentation auditable

Conserver les décisions de rémunération, les justifications associées et les plans de correction, dans un format auditable et opposable. L'inversion de la charge de la preuve (article 18) en fait un actif probatoire central, pas seulement un outil de pilotage interne.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la directive (UE) 2023/970 ?

La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 vise à renforcer l'application du principe d'égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale, par la transparence des rémunérations et par des mécanismes d'application. Elle crée trois grands blocs d'obligations : la transparence salariale à l'embauche, le droit d'information des salarié·e·s sur les niveaux de rémunération, et un reporting périodique des écarts salariaux. Elle modifie également les règles de contentieux en inversant la charge de la preuve.

Quelles entreprises françaises sont concernées et selon quel calendrier ?

Le projet de loi français publié le 6 mars 2026 retient un seuil de 50 salariés pour les obligations de transparence salariale, plus exigeant que le seuil européen minimum de 100 salariés. Les obligations de transparence à l'embauche et le droit d'information des salarié·e·s s'appliqueraient à toutes les tailles d'entreprise. Le calendrier précis (rythme annuel pour 250+, triennal pour les paliers inférieurs) sera fixé par la loi adoptée et ses décrets d'application. Tout cela peut évoluer pendant l'examen parlementaire — le texte définitif n'est pas encore connu.

La directive est-elle déjà applicable en France ?

Non, pas encore. La date limite européenne de transposition est le 7 juin 2026, mais la France ne tiendra vraisemblablement pas ce délai. Le premier projet de loi a été présenté le 6 mars 2026 ; l'examen parlementaire est attendu à l'été, pour une adoption envisagée fin 2026, suivie des décrets d'application. Tant que la loi et les décrets ne sont pas publiés au Journal officiel, aucune obligation issue de la directive ne s'applique directement aux entreprises françaises. Un retard de transposition expose l'État français à une procédure d'infraction de la Commission européenne, mais ne fait pas entrer la directive en vigueur dans l'entreprise.

Quelles différences avec l'Index Egapro ?

L'Index Egapro est un dispositif français créé en 2018, qui produit une note unique sur 100 points par entreprise. La directive 2023/970 introduit une logique différente : elle exige un écart de rémunération ventilé par catégorie de travailleurs effectuant un travail de valeur égale, sans note synthétique. Egapro et la directive vont donc coexister : la directive ne remplace pas Egapro, elle ajoute une couche d'obligations supplémentaires sur la transparence à l'embauche, le droit d'information, et le reporting par catégorie. Le tableau comparatif présenté plus haut détaille les différences pilier par pilier.

Quelles sont les sanctions prévues ?

La directive impose aux États membres de prévoir des sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives ». Le décret de transposition français précisera le quantum exact. Trois leviers sont activés par la directive : des sanctions financières (à fixer en droit national), des dommages-intérêts intégraux pour le ou la salarié·e lésé·e dans une procédure individuelle, et un risque réputationnel via la publication des écarts. Au-delà des sanctions formelles, l'inversion de la charge de la preuve (article 18) modifie sensiblement le coût d'un contentieux salarial pour l'employeur qui n'aurait pas documenté sa politique de rémunération.

Que signifie « travail de valeur égale » ?

La notion vient de la jurisprudence européenne et de la directive 2006/54/CE, réaffirmée par la directive 2023/970. Le « travail de valeur égale » ne se limite pas au même poste : il désigne des emplois qui, par la nature des tâches, les compétences requises, les efforts demandés, les responsabilités exercées et les conditions de travail, peuvent être considérés comme équivalents — même s'ils portent des intitulés différents. La directive impose que les critères d'évaluation soient objectifs, neutres et applicables sans biais de genre. C'est l'un des chantiers les plus structurants pour les directions RH.

Faut-il déjà publier les fourchettes salariales dans les offres d'emploi ?

L'obligation n'est pas encore en vigueur en droit français : elle entrera en application après l'adoption de la loi et la publication des décrets, attendues fin 2026 / début 2027. À noter : le projet de loi français du 6 mars 2026 est plus exigeant que la directive sur ce point — il imposerait que la fourchette figure directement dans l'avis de vacance, et non plus seulement sur demande avant l'entretien. De nombreuses entreprises anticipent dès maintenant, pour deux raisons : la pratique se généralise déjà dans plusieurs États membres ayant transposé plus tôt, et la mise à plat des grilles de rémunération demande plusieurs mois de travail préparatoire.

Comment se préparer à la directive avant l'adoption de la loi française ?

Trois chantiers peuvent être engagés dès maintenant sans attendre l'adoption du texte final. Premier chantier : cartographier les catégories de travail de valeur égale au sein de l'entreprise, sur des critères neutres et objectifs. Deuxième chantier : calculer l'écart de rémunération par catégorie, identifier les écarts supérieurs à 5 % et engager une analyse des causes. Troisième chantier : préparer la documentation auditable — décisions de rémunération, justifications, plans de correction — afin de pouvoir répondre à un éventuel contentieux ou à une demande d'information d'un·e salarié·e. Ces trois chantiers sont valables quel que soit le contenu exact du texte français définitif, parce qu'ils découlent directement de la directive européenne, qui s'imposera in fine.

Comment EntangleEQ aide-t-il à se préparer à la directive ?

Le module paygap d'EntangleEQ calcule l'écart de rémunération global et par catégorie (3 des 5 piliers de la directive : reporting article 9, structures objectives article 4, et documentation à valeur probatoire article 18). Il s'articule avec le calcul Egapro existant. La plateforme ne couvre pas, à ce stade, la publication automatique des fourchettes dans les offres d'emploi ni la gestion du droit d'information article 7 — ces deux chantiers restent à instruire en interne. EntangleEQ propose un outil d'aide à la décision : il ne constitue pas un audit certifié, et l'appréciation finale de la conformité relève d'un conseil juridique adapté à la situation.

Sources et références

Cette page s'appuie sur le texte officiel de la directive européenne, les communications du gouvernement français, et des analyses publiées par des cabinets d'avocats spécialisés en droit social. Les liens ci-dessous renvoient vers les sources primaires et secondaires consultées.

Les analyses secondaires (cabinets d'avocats, trackers) sont citées pour leur valeur informative. Elles ne représentent pas la position d'EntangleEQ et n'engagent que leurs auteurs respectifs. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un conseil juridique.